Mardi 2 mars 2010
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« J’ai visité, le site error.500 de Ségolène Royal, très dépouillé …» : les dangers d’une communication web mal
maîtrisée.
Comme nous l’avons dit plus haut, animer un blog ou être présent sur un des réseaux sociaux à la mode, revêt dans la
communication des hommes politiques un caractère d’obligation. Pour autant avoir un blog ne veut pas dire avoir un bon blog. De même être présent sur un réseau social demande un travail d’animation
quasi quotidien. Pire qu’être absent de la toile, y être mal représenté peut s’avérer plus dévastateur pour l’image du politique.
En effet, si les citoyens démasquent très vite les opérations de communication dans le débat publique, ils sont tout aussi avertis et alertes sur la toile. Ainsi un blog créé en période électorale
est d’emblée soupçonné de n’avoir pour d’autre objectif la communication du candidat. Surtout s’il ne s’assume pas en tant que tel. Par ailleurs, comme nous l’avons dit, la rédaction sur le web
doit répondre à un certain nombre de règles. Les blogs d’hommes politiques, où s’est contenté uniquement de copier/coller un tract, ou un programme politique sont très mal vus.
La sincérité du politique bloggeur, même travaillée, est de rigueur. Il faut faire l’effort de créer un contenu original et adapté à ce public. Le citoyen se rendant sur le blog d’un candidat
s’attend à apprendre plus sur ses prises de positions, ses opinions, son programme et sa lecture de l’actualité. Plus encore, il recherche là un discours en rupture avec le discours
institutionnalisé catalogué « langue de bois ». Les critiques en cas de déception se font rapides et acerbes, de la part même de ceux qui devaient constituer le soutien du candidat.
Un autre impératif de la communication politique sur le web : vivre avec son temps. Il ne suffit pas d’être présent sur la toile pour être automatiquement considéré comme légitime et crédible. Un
site, un blog, une page personnelle sur facebook ou twtitter, dont le design et les fonctionnalités ne sont pas à jour des nouvelles avancées technologiques, constituent un vrai risque pour la
communication d’un homme politique.
L’actualité nous en a donné récemment un exemple avec le site désir d’avenir de Ségolène Royal. Attendu par de nombreux internautes, sympathisants ou pas, et particulièrement après son succès
durant la campagne de 2007, le site a créé la surprise.
Proposant un design anachronique par rapport aux moyens accessibles et surtout investis, le site avait pour fond d’écran une image tirée d’une banque de donnée gratuite et manifestement datée. La
structure fixe de la page, une typographie désuète et des noms de rubriques jugés « ridicules » par les détracteurs les plus tendres, ont déclenché l’ire de certains, l’hilarité d’autres…
Le phénomène qui met le plus à mal l’image d’un politique présent sur la toile est le même qui peut assurer le succès d’une opération de communication : la démultiplication de l’audience.
Le cas de désirs d’avenir illustre bien la situation. Les visiteurs, unanimes sur ce raté, l’ont partagé avec leurs contacts, diffusant largement le lien vers le site, encourageant les internautes
à aller eux aussi visiter le site. Des sites parodiques ont été créés, l’on a vu désir d’avenir comparé à l’imagerie des Raéliens ; un « générateur désir d’avenir » a été créé, où l’on pouvait à
notre tour créer notre propre désir… « désir d’endives » a d’ailleurs rencontré un vrai succès. La presse bien sûr a relayé ce buzz, les
journalistes eux-mêmes étant restés dans l’attente de ce nouveau site. Résultat : le site a été fermé pendant plusieurs jours (provocant encore plus de moqueries, dont la phrase de Benoit Hamon, relayée sur de nombreux blogs et sites web
« j’ai visité, le site error.500 de Ségolène Royal, très dépouillé… »).
Depuis, le site Désir d'avenir a bien sûr été refondé, dans des normes plus actuelles...
Par samuel rinaldo
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Publié dans : présentation du projet de recherche
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