Présentation

mon CV en ligne

Consulter mon CV en ligne

contactez moi

Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 18:56

Autre notion à déconstruire, l’idée de l’apparition d’une nouvelle sphère publique sur le net mérite d’être discutée. Les futurologues et autres tenants du village planétaire ont avancé l’idée d’une cyberdémocratie qui révolutionnerait la démocratie traditionnelle. L’ouvrage de Thierry Crouset, « le Cinquième Pouvoir »,  incarné par un netoyen (contraction de citoyen et d’internaute) défini par John Perry Barlow, qui viendrait faire contrepoids aux pouvoirs politiques et médiatiques soupçonné de collusions relève de l’utopie. Une sociologie des internautes et en particulier des usagers des blogs et réseaux sociaux permet de critiquer efficacement cette thèse. En effet, le netoyen est présenté comme un acteur hyper rationnel affranchi des influences médiatiques et disposant d’une liberté de parole accrue par l’accessibilité et l’audience de l’internet. Il convient de réfuter cette hypothèse au regard de la réalité sociologique de ce public. L’internaute n’est pas un acteur rationnel, créé ex nihilo par l’apparition du web. De fait la sphère publique virtuelle n’est en rien une nouvelle sphère publique indépendante de la sphère publique réelle. Il s’agit plutôt d’une continuité de la seconde. En effet, l’internaute est soumis aux mêmes influences sociologiques et culturelles que le citoyen lambda. Sa rationalité n’est pas accrue par la relative liberté de parole dont il bénéficie par l’intermédiaire de son clavier. La blogosphère et les réseaux sociaux sont les reflets fidèles de la société. On y retrouve les mêmes clivages sociologiques : l’internaute concerné par la politique répond aux mêmes caractéristiques que le citoyen politisé dans la sphère réelle. Généralement issu de catégories socioprofessionnelles supérieures, il a une culture politique et a évolué dans un univers lui-même politisé (cercle familial, environnement scolaire et/ou professionnel) … Le cens caché décrit par D. Gaxie ne disparait donc pas par la simple magie de la toile.

Dans notre précédente étude sur la sociologie de la blogopole, nous avions par ailleurs isolé des comportements qui viennent contredire cette idée d’universalisme et de « super-citoyen » que véhicule ce courant de pensée. D’une part les blogueurs politiques militants n’ont pas remplacé le tract ou l’engagement politique par le blogging, mais l’utilise en complément de leur engagement. D’autre part, à l’instar du militantisme « classique », le blogueur est à la recherche de rétributions symboliques : reconnaissance de son engagement, de la valeur de ses idées, liberté de ton par rapport au parti… Le blogging n’est donc pas une activité purement citoyenne dénuée de calculs stratégiques à fin de promotion personnelle.

L’accessibilité à l’internet est un autre argument contre cette idée. L’universalité de ce cinquième pouvoir, créant un village planétaire, un réseau de citoyen connectés par internet et délivrant (« enfin » !) la « vraie » parole du peuple face au puissant ne tient pas la route face à l’analyse de l’accès réel à l’internet.

Une étude de l’ARCEP réalisée en 2007 nous éclaire sur le nombre de Français ayant accès à l’internet.

En 2007 13,5 millions de Français sont connectés au haut débit. Soit environ un sixième de la population.

Fin 2009, ils sont 19,145 millions... soit plus de 5,5 millions de Français de plus, connectés en moins de trois ans. (l'Etude ARCEP 2010  c'est ici!)

Si ce chiffre démontre une démocratisation de l’accès à l’internet et donc le passage d’un public « jeune urbain et aisé » vers un public plus large, il n’en demeure pas moins qu’un grand nombre de villes et villages ne sont pas encore reliés au réseau. Sans  parler de l’inégalité d’accès en termes de vitesse de connexion et de coûts.

Dans le cadre de la démocratie locale, de plus en plus d’élus locaux se dotent personnellement ou au niveau de leur institution d’un site, d’un blog ou d’une présence sur les réseaux sociaux. Toutefois, si leur audience n’est pas mesurée de façon précise, on peut imaginer qu’elle reste relative aux éléments que nous avons précisés dans notre démonstration. Outils de communication, blogs et réseaux sociaux suscitent les mêmes appréhensions que les outils classiques. Cela couplé à la sociologie des internautes, l’on peut s’interroger sur l’intérêt pour les élus locaux d’être présents sur la toile.

Par samuel rinaldo - Publié dans : présentation du projet de recherche - Communauté : Communication publique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 13:53
D'abord bienvenue sur mon blog, installez vous et faîtes comme chez vous.
En plus de mes commentaires sur l'actualité politique, je tenais à vous faire partager les avancées de mes recherches. Je mène en effet une thèse sur la communication politique des députés français et les usages de l'internet.
De façon quotidienne (au mieux),  hebdomadaire au minimum, j'essairais de rendre compte des étapes de ma recherche, des résultats, des difficultés, des rencontres... bref de tout ce qui va toucher de près ou de loin à cette aventure.
Voilà donc l'épisode 1 de mes aventures de thèsard.

Officiellement je suis inscrit depuis début décembre à cette thèse, officieusement, je m'y suis mis sérieusement depuis le début du mois de janvier. J'en suis encore donc aux balbutiemments de ma recherche.
Je me suis fait un mini plan d'action, histoire de savoir dans quel sens aller et de ne pas gaspiller de temps et d'énergie.

Etape n° 1: Etablir une base de données contenant toutes les infos sur nos députés (âge, sexe, circonscription, parti politique, nombre d'années en politique, site web, coordonnées etc...) C'est certainement la partie la plus rébarbative de mes recherches.
Heureusement pour moi, le site de l'assemblée nationale est très complet, avec un tableau de tous les députés agrémenté d'un lien vers une fiche complète sur chacun d'entre eux. Pour les curieux, c'est ici.

Plus généralement, on trouve énormément d'infos utiles pour établir une forme de sociologie des députés sur le site de l'assemblée (ici)

Donc en ce moment, je remplis un fichier excel, regroupant toutes ces infos... et c'est long... vraiment très long...
Mais à la fin des 577 lignes remplies dans mon tableau, je serais au moins docteur en copier/coller...

A titre d'info, les étapes suivantes seront la constitution d'une bibliographie complète et classée, d'un répertoire de tous les blogs, sites, facebook et twitter etc... de nos députés. Et si je suis de bonne humeur, je m'attaquerai à l'analyse de chacun des blogs afin d'en sortir une nomenclature... en gros j'ai encore pas mal de boulot préliminaire.

Souhaitez moi bonne chance!
Par samuel rinaldo - Publié dans : thèse: journal de bord
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 13:28

« Autant le dire tout de suite : la communication n’est pas la perversion de la démocratie », cette mise au point de Dominique Wolton, dans Penser la communication, pourrait paraître saugrenue si elle n’était pas si nécessaire. En effet, dans un espace publique hyper médiatisé où toute annonce politique se voit teintée de suspicion de « coup de com’ » et où l’action et le débat publics, sous la pression de l’obligation d’ « entertainement » que subissent les médias devient un show, une politique spectacle, la communication politique apparait comme le fossoyeur de la démocratie.

Manipulation, Garcimore (du nom de cet illusionniste Espagnol) consistant à détourner l’attention du citoyen des « vrais » problèmes, la communication politique a mauvaise presse auprès des journalistes, des citoyens et même du personnel politique qui en est le premier utilisateur.

Pour autant, comme le précise Wolton, loin de la stricte mise en scène des politiques, des égos et des ambitions, la communication en politique a un réel rôle dans le bon fonctionnement de nos démocraties occidentales. « Simplification de la réalité » et personnification du pouvoir sont des outils incontournables de la communication. Malgré leurs effets pervers inévitables (sensation d’appauvrissement du débat notamment), il n’en demeure pas moins qu’ils sont nécessaires à l’émission de messages clairs en direction du public. En effet, les citoyens ne  constituent pas un ensemble social et culturel homogène : nous ne disposons pas tous, selon notre environnement social, notre intérêt pour la chose publique et notre capital culturel, de la même accessibilité et de la même compréhension des  enjeux politiques, économiques et des sociaux. Le rôle de la communication, par  la simplification du discours qu’elle induit permet d’élargir le public réceptif au message politique.

Cette question méritait d’être abordée en premier lieu, pour désamorcer le doute s’insinuant sur les motivations des hommes politiques présents sur la toile.

Il est vrai que nos élus tirent profit des outils de communication et aujourd’hui des NTIC à des fins de « politique politicienne » pour reprendre l’expression consacrée, pour définir cet aspect de la politique plus proche de la stratégie et de la représentation (au sens de spectacle) que de l’action politique.

La présence croissante d’élus d’envergure nationale et locale sur les réseaux sociaux tels Facebook, Twitter, Youtube, et sur les plateformes de blogging, traduit aussi une volonté d’user de ces nouveaux moyens de communication pour atteindre de nouveaux publics.

Par samuel rinaldo - Publié dans : présentation du projet de recherche - Communauté : Communication publique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 13:06


Sites des partis politiques, des candidats, de simples militants, de citoyens, de médias... Internet semble être devenu un outil incontournable de la communication et de la propagande politique. En France, l’importance du web a été révélée avec la campagne électorale référendaire sur le projet constitutionnel européen du printemps 2005. Les adversaires du texte, notamment, ont trouvé par ce biais un formidable outil de propagande, qui avait en plus l’avantage d’atteindre les jeunes générations moins concernées par les médias traditionnels

 

Les politiques commentent sur leurs blogs l’actualité, expliquent leurs prises de position qui sont relayées dans les revues de presse, les partis permettent l’adhésion sur un simple clic… Cette évolution qui déroge aux rituels traditionnels républicains peut heurter les tenants d’un militantisme traditionnel, mais ces nouvelles pratiques pourraient témoigner d’un renouveau de la vie citoyenne.

 

Comme le souligne le n° 327 de la revue Regards sur l’actualité intitulé La démocratie électronique : « L’internet apparaît comme un prodigieux outil de diffusion d’informations qui peut aider les internautes à devenir ces citoyens éclairés qu’une démocratie vivante suppose. Il peut aussi stimuler l’implication des citoyens dans des actions collectives destinées à faire entendre leur revendications, accompagnant la mutation culturelle des formes de militantisme que l’on constate aujourd’hui ».

  

Toutefois il convient d’être plus mesuré. Les blogs politiques se sont en effet multipliés pendant la présidentielle de 2007, mais ce phénomène a ralenti une fois la campagne passée.

De même derrière cette révolution de la démocratie par les blogs et les réseaux sociaux, d’autres dynamiques apparaissent. La communication politique semble trouver ses marques progressivement sur la toile. Les élus locaux et nationaux se dotent de plus en de blogs… Mais quelle est la part de sincérité dans ce phénomène ? Où commence le calcul politique ? Dans les rapports entre élus et citoyens sur le web, où s’arrête le débat démocratique et où commence la stratégie de communication ? Il y a-t-il là un renouveau de la représentativité des élus aux yeux de la population ?

 

Ce sont ces problématiques que nous nous proposons d’aborder lors de notre recherche. La réflexion qui suit nous permettra d’identifier et de circonscrire un certain nombre de pratiques et d’enjeux autour de la question de la communication des hommes politiques locaux à l’heure des blogs et des réseaux sociaux.

 

Par soucis de clarté et pour faciliter la lecture, je vous présente le plan du projet de recherche. Je publierai par la suite un article pour chacun des axes de réflexion suivants :


I) démystifier les notions

II) blogs et réseaux sociaux: les élus veulent s'affranchir des canaux traditionnels de communication

III) le web n'est pas le nouvel Eldorado de la communication politique : l'image des hommes politiques mise à mal sur la toile.

Par samuel rinaldo - Publié dans : présentation du projet de recherche
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus